Parce que vivre « connecté à la Terre », c’est mieux.

148 bonnes raisons de s’engager pour la Transition.

Raison 5 /148 >> Parce que vivre « connecté à la Terre », c’est mieux.

S’il nous fallait résumer l’enjeu principal de notre démarche de transition, nous dirions sans hésiter : « nous reconnecter à la terre », nous reconnecter à la nature dans nos vie » voir même, tout simplement, « nous reconnecter à la Vie » !

A l’inverse, s’il nous fallait résumer le grand mal de notre siècle (et de la seconde moitié du précédent), nous choisirions sans plus d’hésitation ces deux mots : « Hors-Sol ».

En ne faisant pas seulement référence à l’agriculture hors-sol mais plus largement à ce qu’il convient d’appeler la vie hors-sol.

« VHS » pour les intimes… Et à l’inverse des cassettes vidéo du même nom, rendues définitivement obsolètes par l’avènement du numérique à l’aube des années 90, il faut bien dire que presque 50 ans après l’apparition de sa première version, ce VHS là, en version 2.0 voir même 3.0, a le vent en poupe. Et certains lui promettent même un bel avenir.

Nous oeuvrons pour inverser cette tendance, mais avant de voir comment y parvenir, revenons sur la chronologie :

VHS 1.0 : Dans les années 70, une deuxième vague de remembrement accélère la « révolution verte ». Au programme : de plus en plus d’intrants chimiques dans les cultures, on sulfate et on pulvérise à gogo.

On rase les haies, on agrandit les exploitations, on mécanise  et on envoie les enfants de paysans vers les villes. On construit de grandes barres de HLM qui transforment les zones périurbaines, jadis terres maraîchères, en vastes banlieues dortoirs. La France, entrant de plain-pied dans le business agro-alimentaire mondial, va désormais exporter massivement son blé et importer (non moins massivement) du pétrole et des engrais.

Mais la vie est belle. On quitte la terre de ses ancêtres, on perd le contact avec le rythme naturel des jours et des saisons, mais on s’équipe en électro-ménager, on regarde la télévision, on mange des fraises en hiver et de la viande à presque tous les repas.

 

VHS 2.0 : dans les années 90, la vie se numérise. La carte bancaire remplace le cash, les CD et les DVD ringardisent les disques vinyles et les cassettes ; les ordinateurs personnels envahissent les foyers, l’emploi industriel cède la place à l’emploi de services, l’emploi agricole devient marginal et les campagnes continuent de se vider.

Le chômage de masse devient trans-générationnel, les hypermarchés gagnent du terrain sur les petits commerces qui souffrent puis finissent par fermer, l’industrie agro-alimentaire impose ses produits aux consommateurs et ses pratiques de voyous au monde agricole qui se soumet.

La crise de la vache folle en est le symbole et le révélateur auprès du grand public. On fait de plus en plus n’importe quoi. Le business des salles de sport explose. De même que celui des régime et des compléments alimentaires. Les riches sont de plus en plus maigres et les pauvres de plus en plus obèses. Mais la vie continue… les industriels produisent, les publicitaires font vendre et les consommateurs consomment… tout va bien.

 

VHS 3.0 : dans les années 2010, les scandales alimentaires se succèdent : lasagne au cheval, trafic de viande de chien, grippe aviaire, E.coli, norrovirus, listériose, oeufs contaminés, lait contaminé… envers et contre toute logique (sauf celle de la Wall Street), l’artificialisation de la production alimentaire continue de s’intensifier et l’agro-industrie engrange des milliards de bénéfices sur le dos des petits producteurs qui peinent à simplement survivre. Et tous n’y parviennent pas : 1 agriculteur se suicident tous les 2 jours en France en 2015.

Parallèlement, l’élevage et la production végétale industriels et déshumanisés deviennent le modèle dominant, avec des fermes usines de 1000 vaches ou 10.000 porcs et des exploitations agricoles qui s’étendent désormais sur des milliers d’hectares, ressemblant de plus en plus à des laboratoires de l’industrie chimique. Symbole de cette dérive : le rachat en 2016 de Monsanto par Bayer pour créer un mastodonte qui régnera en maitre sur la production de semences et d’OGM, de pesticides et d’engrais… chimie, agriculture, pharmacie et (très) gros sous… la boucle est bouclée ! Nous produisons hors-sol.

Bien déguisés sous un packaging aguicheur, les édulcorants, émulsifiants, colorants, exhausteurs de goûts et autres conservateurs chimiques sont omniprésents dans l’alimentation, au point qu’un nouveau terme voit le jour – Aliments Ultra Transformés (AUT) – pour désigner ces ersatz d’aliments addictifs et toxiques qui représentent 80% de l’offre des hypermarchés*. Nous mangeons hors-sol.

Nous sommes de plus en plus sédentaires, imposant à nos corps une immobilité physique qui contraste avec notre suractivité neuronnale. Nous sommes gavés d’informations biaisées et de divertissements abrutissants, couplés de façon plus ou moins subtile à des injonctions de consommer et donc de générer les revenus nécessaires au financement de cette consommation. Tout cela nous impose un rythme qui ne nous laisse ni le temps, ni l’énergie de voir, sentir, penser ou même manger, dormir ou respirer tranquillement. Nous vivons hors sol.

Nous passons désormais l’essentiel de nos vies enfermés dans des bâtiments climatisés, connectés à des mondes virtuels via des écrans et des réseaux wifi ou 4G… nos désirs sont plus que jamais conditionnés par un matraquage publicitaire qui s’immisce dans toutes les interstices de notre vie intime… chaque seconde de cerveau disponible est optimisée par les publicitaires grâce aux médias complices. Ils arrivent même à nous faire rêver hors sol !

 

Et voila qu’à l’approche de 2020, le VHS 4.0 pointe le bout de son nez  : impression 3D de steaks de synthèse, fermes hydroponiques géantes, mega-serres maraîchères en plein désert, boom du business des micro pousses cultivées en caves… on nous le claironne sur tous les tons, plus besoin de terre ni même de soleil, l’avenir de la production alimentaire passera par les nouvelles technologies… et comme si ça ne suffisait pas, ou nous promet déjà un humain génétiquement amélioré, technologiquement augmenté et peut être même « a-mortel »… stade ultime du « horsolisme »

STOP !!!

Revenons à la Terre.

Précisons qu’il ne s’agit pas d’imposer un modèle unique dans lequel tout le monde devrait trouver son bonheur dans un retour à la ferme, au milieu de la campagne, avec poules, vaches et cochons…

Le retour à la Terre que nous proposons tient plutôt d’un retour SUR terre. Un retour au bon sens et à la nature des choses.

Il ne s’agit pas de se priver de technologie ni de « revenir à la bougie » comme l’évoquent immanquablement, tel un argument imparable, celles et ceux qui refusent encore de lâcher l’illusion d’une éternelle croissance.

Il s’agit essentiellement de nous reconnecter aux différentes dimensions, naturelles et concrètes de notre existence. En partant d’une réalité incontournable : sans la terre, pas de vie. Sans les milliards de milliards d’organismes qui pullulent dans un vrai sol vivant, pas de vie.

Un sol, de l’eau et du soleil. C’est la base de la vie humaine et de la vie tout court.

Nous avons beau nous être faits notre place au sommet de la chaine alimentaire, nous n’en restons pas moins dépendants du bon travail des plus petits organismes qui rendent possible la vie et la croissance des plantes dont nous nous nourrissons directement et indirectement quand nous consommons la chair d’animaux qui s’en nourrissent. Et quand nous brisons ce cycle naturel, quand nous prétendons le domestiquer, nous devons déployer des prodige d’énergie (essentiellement fossile) pour pallier de façon très incomplète aux déséquilibres que nous avons créés. Et pour maintenir en vie des plantes, des animaux et des êtres humains fragiles et malades, nous devons les gaver de médicaments.

Nous reconnecter à la terre c’est retrouver notre ancrage. Dans un lieu, une communauté, un territoire. Urbain, peri-urbain ou rural, à chacun de trouver son style et l’environnement qui lui convient.

Nous reconnecter à la terre c’est remonter la chaine de distribution pour aller voir d’ou viennent les aliments que nous consommons. Découvrir comment et surtout par qui ils sont produits. Apprendre a les cuisiner. Réapprendre à les déguster. Et si l’occasion se présente, ou si l’envie nous en prend, nous lancer en amateur ou en professionnel, dans une forme ou une autre de production comestible.

Nous reconnecter à la terre, c’est retrouver le plaisir d’un travail utile et enrichissant. C’est sortir de la logique de compétition, pour passer en mode « coopération ». C’est aussi nous autoriser à prendre du temps pour ne rien faire. Seulement nous laisser vivre. Et c’est déjà beaucoup.

Nous reconnecter à la terre, c’est réapprendre à faire la différence entre nos vrais besoins et nos « faux désirs », ceux qui sortent tout droit de la créativité débordante des génies de la pub.

Nous reconnecter à la terre c’est en fait nous reconnecter à nous même et aux autres, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.

Et parce que vivre connecté à la terre c’est 100 fois, 1000 fois mieux que de vivre « hors-sol », la transition, c’est maintenant qu’il faut la faire.

C’est le chemin que nous avons choisi, et nous vous proposons de l’explorer ensemble.

A suivre…

 

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148 bonnes raisons de s’engager pour la Transition.

A partir du 5 février 2018 et pendant 148 jours, nous vous donnons RV tous les jours pour partager avec vous une bonne raison de vous mettre en mode « Transition ».

Sortir du consumérisme inconscient pour aller vers un mode de vie plus sobre.

Sortir des dépendances aux énergies carbone, à la chimie, aux médocs, au sucre, à la malbouffe, au fric, au shopping, à l’électronique, au divertissement, à la croissance… pour retrouver une véritable autonomie.

Chaque jour : une bonne raison.

Pendant 148 jours.

Un jour nous vous dirons pourquoi 148. Et aussi pourquoi cette série a été lancée le 5 février.

En attendant, bonne lecture et merci de nous soutenir par vos « j’aime », vos commentaires et vos partages.

 

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*Dr Anthony Fardet – chercheur a l’INRA et auteur du livre « Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons Vrai. »

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