Parce qu’aucun super-héros ne viendra nous sauver.

148 bonnes raisons de s’engager dans la Transition.

Raison #8 /148 >> Parce qu’aucun super-héros ne viendra nous sauver.

C’est une contradiction de notre époque. Un de ces paradoxes inhérents à la « nature humaine ».

À l’heure de l’individu-roi, les grands mouvements de foules et les évolutions de la société montrent au contraire une forte tendance à s’en remettre à un sauveur ou à une solution miracle (elle-même issue du génie de tel ou tel entrepreneur ou inventeur) pour régler les grand problèmes auxquels nous devrions faire face aussi bien individuellement que collectivement.

Mais à y regarder de plus près, la contradiction est moins évidente. En effet quand l’individu se croit tout-puissant, s’il fait face à des problèmes qui le dépassent, il se sent alors impuissant dans sa condition de simple mortel et plutôt que d’abandonner son culte de l’individu, il préfère croire à l’existence d’un super-individu, une sorte de super version de lui-même, pour trouver des solutions qui lui redonneront les clés de son propre destin.

Ainsi des élections : on pourrait croire qu’un individu intelligent et libre, prendrait très au sérieux le choix de ses représentants. Etudiant et comparant les programmes ; évaluant la cohérence et la compétence des candidats ; participant à des débats d’idées ; s’impliquant, au plus près de lui dans la démocratie locale pour mieux prendre la mesure des grands enjeux d’une élection nationale ; allant chercher aux meilleures sources les informations de première main lui permettant de construire son jugement…

Mais non !

Les 4 candidats arrivés en tête au 1er tour de l’élection présidentielle d’avril 2017 incarnaient tous une certaine forme de sauveur. Il y avait l’héritière du parti de son père (lui même, en son temps autoproclamé sauveur de la France et du patriotisme), les deux versions du chevalier libéral promettant de bouter la bureaucratie hors de France, l’un jeune et moderne, l’autre experimenté et conservateur, et enfin, le vieux sage promettant de dégager les usurpateurs pour redonner le pouvoir au peuple.

Il est commun de prétendre que l’élection présidentielle en France est la rencontre d’un homme (jamais une femme) avec un peuple… le dernier scrutin a plutôt été la rencontre d’individus (de fans) avec leur idole. Et c’est le plus jeune et le plus consensuel qui a gagné… sans même avoir eu à présenter de façon précise le contenu de son programme.

Les législatives qui ont suivi ont confirmé le peu de cas fait par les français au débat démocratique. A de rares exception, les candidats n’ont eu qu’à apposer la photo du nouveau président sur leurs affiches de campagne pour être élus sans avoir vraiment à mener campagne.

L’élection américaine a été, à cet égard, encore plus riche d’enseignements : un candidat milliardaire, roi du bling-bling et star de télé-réalité a réussi à se faire passer pour le sauveur de l’Amérique profonde, le défenseur de la cause du peuple.

 

On retrouve les mêmes attentes (on pourrait dire les mêmes fantasmes) dans la fascination exercé par les produits de luxe et de haute technologie. À travers eux, le consommateur aspire à être extrait de la dure réalité d’une vie qu’il ne maitrise pas, pour se retrouver, par la grâce de la possession de tel ou tel objet, dans une autre réalité, évidemment plus belle.

A ce titre, Vuitton, Apple et consorts partagent une capacité hors du commun à réaliser des marges colossales sur des produits vendus très chers, grâce à un marketing axé à 100% sur l’émotionnel. Quelles que puissent être les qualités fonctionnelles des produits qu’ils fabriquent (ou font fabriquer à bas-coût par des sous-traitants dans des pays pauvres), ces entreprises ne réaliseraient pas des milliards de profits si elles devaient s’en tenir à simplement satisfaire au meilleur prix les besoins de leurs clients (sans même parler de prendre le soin de payer leurs impôts)…

Plus que des entrepreneurs, Bernard Arnault et Steve Jobs, incarnent deux versions du super-héros des temps modernes. Et quand ils ont besoin de renfort, ils font appel à d’autres icônes, au pouvoir de séduction encore plus fort : les stars ! qu’ils couvrent d’or pour exclure encore plus l’acte d’achat de la sphère du réel.

Et toutes leurs fortunes se font sur la construction de cet imaginaire amenant des milliards d’individus, pourtant dotés d’intelligence et de conscience, à perdre toute rationalité et à payer au prix fort l’illusion de se rapprocher d’eux, de faire partie de leur monde, de partager un peu de leurs super-pouvoirs.

 

Promesses électorales, slogans commerciaux, stratégie marketing, à chaque fois se retrouve la même logique : ne vous souciez de rien, donnez-moi votre confiance, votre vote, votre argent, et je vais m’occuper de tout à votre place.

Et le succès cinématographique des franchises Marvel ne fait que confirmer cette tendance.

Après avoir cru aux promesses du libéralisme, terrassés par l’obligation de « réussir leur vie », dans un monde qui bouge de plus en plus vite et face au constat d’une vie qui leur échappe de plus en plus, nos contemporains ne savent plus vers quel Dieu se tourner…

Alors ils espèrent un sauveur…

Mais il ne viendra pas !

 

Nous l’avons déjà développé dans de précédents articles, et nous y reviendrons régulièrement (autant qu’il le faudra) : ni les milliardaires, ni les réformateurs, ni la technologie, ni de nouveaux produits ou de nouvelles religions ne pourront nous sauver de nous-mêmes.

Pour que les milliardaires ou les réformateurs ou les technologies puissent faire levier de leur immense pouvoir afin de déployer, à grande échelle, des réponses efficaces aux grands défis de notre temps, il faudra que nous nous mobilisions toutes et tous, individuellement et collectivement afin de faire pression sur eux.

Au niveau individuel, par nos comportements, nos actions, nos décisions d’achats et, plus globalement, par l’orientation de ce à quoi nous consacrons notre temps, notre énergie, notre argent et même nos pensées, nous avons chacun le pouvoir de peser sur les choses. Au moins à notre échelle.

Et en inscrivant nos parcours individuels dans des démarches collectives inclusives, solidaires, équitables et respectueuses des différences, nous pouvons contribuer à construire les mouvements qui feront monter, depuis la base, depuis le réel, une pression croissante sur les organisations, les institutions et les groupes qui détiennent aujourd’hui le pouvoir de les faire changer radicalement.

 

Être exigeant et vouloir le meilleur pour soi-même ne doit pas empêcher de tenir compte de l’intérêt général ni de faire confiance au collectif.

Et tenir compte de l’intérêt général et faire confiance au collectif ne doit pas empêcher d’être exigeant ni de vouloir le meilleur pour soi-même.

Trop souvent, nous avons tendance à opposer l’un à l’autre et à basculer de façon exclusive dans un camp ou dans l’autre.

S’oublier et se perdre dans la quête d’un progrès collectif, ou oublier le collectif (et donc se perdre un peu aussi) dans la quête exclusive de soi-même.

 

S’engager pour la transition c’est adopter ces deux exigences, dans nos petits gestes et dans nos grandes décisions, simultanément et avec la même détermination.

Parce qu’aucun super-héros ne viendra nous sauver, il nous appartient individuellement ET collectivement de nous sauver nous-mêmes.

 

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148 bonnes raisons de s’engager dans la Transition.

A partir du 5 février 2018 et pendant 148 jours, nous vous donnons RV tous les jours pour partager avec vous une bonne raison de vous mettre en mode « Transition ».

Sortir du consumérisme inconscient pour aller vers un mode de vie plus sobre.

Sortir des dépendances aux énergies carbone, à la chimie, aux médocs, au sucre, à la malbouffe, au fric, au shopping, à l’électronique, au divertissement, à la croissance… pour retrouver une veritable autonomie.

Chaque jour : une bonne raison.

Pendant 148 jours.

En semaine : 1 article. Le week-end : une photo sans aucun commentaire.

 

Un jour nous vous dirons pourquoi 148. Et aussi pourquoi cette série a été lancée le 5 février.

En attendant, bonne lecture et merci de nous soutenir par vos « j’aime », vos commentaires et vos partages.

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